Ivana Kudela nous signale cette action de la Radio tchèque (c'est sûr, sans elle, je ne l'aurai pas su :-) ). Alors pour ceux qui peuvent y être vendredi, n'hésitez pas.
Pour info :
La Radio tchèque a lancé une collecte de fonds pour venir
en aide aux personnes touchées par les récents séismes au Népal. Les personnes
souhaitant contribuer à cette collecte peuvent verser de l’argent sur un compte
spécial ou par SMS.
Il sera aussi possible de se déplacer personnellement
vendredi et de faire un don au sein-même du bâtiment de la radio. Cette
collecte doit permettre de rassembler des fonds pour aider deux villages en
particulier, celui de Simthali et celui de Dahu. Les fonds récoltés serviront à
la reconstruction des maisons et la construction d’une école.
Plusieurs autres
collectes en faveur du Népal ont déjà été organisées par des ONG tchèques, dont
le gain le plus important a été réalisé par l’organisation Člověk v tísni (plus
de 22,4 millions de couronnes)
ET VOICI LE RÉSULTAT :
La collecte de fonds organisée par la Radio tchèque tout
au long de la journée de vendredi pour venir en aide aux victimes des récents
séismes au Népal a rapporté près de 4,2 millions de couronnes (soit plus de 150 000 euros). Cette collecte
par téléphone à laquelle ont participé de nombreuses personnalités doit
permettre de contribuer à la reconstruction de deux villages en particulier, à
Simthali et Dahu. Plusieurs autres collectes en faveur du Népal ont déjà été
organisées par des ONG tchèques, la plus importante par l’organisation Člověk v
tísni (23 millions de couronnes soit 839 000 euros).
Christophe Abou, de l'agence Azimut Népal, est allé dans le Langtang pour distribuer de l'aide. Lisez son récit, c'est édifiant. Les photos sont de son fils, Donan, qui aurait peut être mieux fait d'aller à l'école ce jour-là :-)

Cette première mission de distribution d’urgence fut une vraie aventure !
Tout d’abord cette première mission fut préparée en effectif réduit,
entre les guides rentrés chez eux pour vivre en famille pendant ces
jours sombres et mon partenaire Himal qui après avoir lutté contre la
mort a fini par s’en sortir au bout d’une semaine. Il nous faudra plus
de monde pour préparer la prochaine mission afin qu’elle se déroule de
manière plus souple.
Ensuite cette mission s’est préparée dans
l’incertitude, incertitude en ce qui concernait l’état de la route, et
donc quelle poids de véhicule utiliser, mais aussi incertitude d’un
point de vue de sécurité, on entendait parler de pillage d’aide
humanitaire, ce qui nous amena à demander l’aide de la police, ce qui
fut je pense inutile.
Pour terminer les préliminaires la
préparation de cette mission s’est achevée dans l’urgence. Urgence pour
tout préparer dès que la route allait ouvrir, ouverte pas ouverte,
ouverte refermée, ce qui ressemblait plus à une course contre la montre
qu’à autre chose …
Enfin c’était notre première expérience d’une mission qui allait s’avérer d’une telle ampleur.
Après avoir terminé le chargement de quinze tonnes de vivres et
matériel samedi soir, puis dimanche matin à 5h30 du matin, nous voilà
partis, en convoi de neuf camions chargés à ras bord, direction le Nord
vers le district de Rasuwa où se trouvent nos villages.
L’équipe:
- Ganesh Magar et un de ses cousins. Ganesh est comptable et guide
culturel pour Azimut Nepal. Il a créée en 2014 l’association Social
Voyage Nepal. Tous deux du district voisin de Dhading, et appartenant à
une autre ethnie que nos bénéficiaires. Fantastiques d’implication. (
http://www.socialvoyagenepal.org/)
- Renjin Tamang, de Thulo Shyapru, ancien guide d’Azimut Nepal.
- Sonam Singi Tamang, de Thulo Shyapru, guide d’Azimut Nepal.
- Sonam Sangbo Tamang, de Thulo Shyapru, guide d’Azimut Nepal.
- Donan Abbou Chiron, 14 ans, mon fils.
- Christophe Abbou, directeur d’Azimut Nepal.
Nous attendent à Shyapru Besi:
- Karpu Tamang, de Thulo Shyapru mais habite Shyapru Besi où il gérait
la Green Guest House, jusqu’au tremblement de terre, ancien guide
d’Azimut Nepal.
- Rabin Tamang, de Gatlang, guide d’Azimut Nepal.
- Sandesh Tamang, de Gatlang, porteur-guide d’Azimut Nepal.
- 3-4 autres jeunes volontaires de Gatlang.
Une première attente à Galchi dans le district de Nuwakot, pour voir
arriver deux policiers puis une deuxième escorte plus sérieuse jusqu’à
la limite du district de Rasuwa, où nous attendait presque une troisième
escorte.
Presque car elle a fini par nous escorter au bout de
20mn d’attente dans le bazaar de Betrawati, avec 9 camions garés sur la
petite route de campagne. Ça a mis un bon boxon dans la circulation
plutôt fluide que nous connaissons ces jours au Népal.
Jusque là c’était une jolie promenade dans la campagne népalaise.
Puis on commence à voir des maisons endommagées, puis d’autres
détruites mais ce n’est pas encore aussi impressionnant que ce à quoi on
se préparait …
Enfin nous voilà à Dunche, préfecture du
district de Rasuwa, et fin de notre première journée d’escorte. Là aussi
les séquelles du séisme prennent plus d’ampleur. Les bâtiments
administratifs ont pris cher, tout comme une partie des maisons
anciennes du bazaar.

On nous dit qu’on nous emmène au centre
administratif de la préfecture où le préfet, le commissaire, et le major
de l’armée sont en réunion de coordination. Bon, pourquoi pas puisqu’on
ne nous laisse pas le choix et que ce sera un bon moyen de rencontrer
le chef local de la police et le remercier de son aide (qui n’était en
fait pas nécessaire…).
Rencontre d’un préfet qui ne répond pas à
mon Namasté en entrant dans son bureau, je parle plus avec d’autres
interlocuteurs et finit par m’entendre dire que je dois voir le LDO, le
responsable départemental du développement … Il n’est pas plus au
courant de pourquoi du comment mais nous rencontrons dans son bureau un
très sympathique local qui se présente comme le président de la chambre
de Commerce Rasuwa-Chine et qui me propose son aide. Et ça tombe bien,
il est de Goljung, un village que nous avons intégré parmi les
bénéficiaires.
Il nous explique devant le LDO qu’il serait mieux
pour nous de passer la nuit à Dunche car Shyapru Besi, notre
destination, n’est pas sure au niveau sécurité. Il nous parle de locaux
en colère après l’assistance qui ne leur serait pas destinée, et pour
cause, ils habitent un bazaar.
Nous passons donc notre première nuit, le tente sur le toit d’un hôtel, plein, mais ni branlant ni fissuré.
Nous repartons le lendemain, toujours escortés de la police, et
accompagnés de notre ami « Goljung Chine » avec sa voiture privée et
d’autres jeunes locaux au style un peu trop moderne …
Nous
arrivons enfin à Shyapru Besi, et là ce qui surprend c’est l’apathie des
quelques personnes croisées. Tous les hôtels sont vides, fissurés ou
branlants. Pas un touriste à la ronde.
À peine arrivés au bout
du bazar, on nous arrête car la colline qui surplombe Shyapru est
défigurée par un glissement de terrain qui continue de déverser des
rochers d’une hauteur de plusieurs centaines de mètres. J’en profite
pour retrouver Rabin, Sandesh et les autres amis de Gatlang venus pour
aider à la distribution.
Les roches s’arrêtent de tomber et nous
reprenons notre chemin vers une aire plate 100 mètres au-dessus de
Shyapru, près d’une école, fissurée elle aussi. Le problème de ce
glissement de terrain, hormis le fait qu’il met en péril le bazaar de
Shyapru Besi, c’est qu’il a emporté une partie de la route qui mène à
Goljung et Gatlang…
Nous sommes alors accompagnés par de plus en
plus de locaux en moto rameutés par notre Mr Goljung-Chine, et je
comprends qu’en réalité, il est affilié au parti du Congrès, et qu’il
s’apprête à faire de la vilaine récupération électorale.
Quasiment
au même moment, on me dit qu’il y a des rumeurs en ville, comme quoi les
2 autres principaux partis politiques vont aussi venir pour nous donner
« un cop de main » et je sens la mission humanitaire tourner au coup de
force entre partis …
Il me faut alors prendre une décision
difficile, mon grand-père m’a appris à ne pas demander mais accepter
aide ou cadeaux si ils viennent du cœur. Hors là, je n’étais pas tout à
fait convaincu du cœur du Monsieur Chine … Je dois donc demander au gros
monsieur puissant et local de replier ses gaules et ses sbires et nous
laisser gérer tout ça entre nous.
Pourtant tous ses gars nous auraient été bien utiles …
Nous voilà donc
sur notre aire de distribution, en fait un terrain de
foot improvisé, avec une belle vue, comme toujours au Népal. Vive le
foot, on profitera des poteaux pour accrocher des bâches nous faire un
peu d’ombre et protéger les 400 sacs de riz (douze tonnes svp!), que
nous nous devons donc décharger, ainsi que 3 tonnes d’huile, sel et
sucre, 200 kg de turméric, 650 bâches plastiques, 1200 savons, etc … et
nous ne sommes plus qu’une petite douzaine.
Pendant que nous
déchargeons, le petit peuple Tamang s’attroupe autour, de loin d’abord
puis plus près. Des faces de soleil, sales et burinées, édentées,
vêtements troués, déchirés, pied nus ou en sandales de plastic, des
regards francs, des sourires qui sonnent juste.
C’est prêt, il
nous faut maintenant recenser les présents, qui ne représentent pas
toute la population des deux villages, et pour cause. Baburam et
Prachanda, les deux chefs maoïstes les plus charismatiques, sont venus
en hélicoptère, hélicoptère que nous n’avons pas pu obtenir pour
transporter nos vivres là haut, sont venus rendre visite au petit peuple
édenté pour leur promettre la reconstruction de leur village. Insh
Buddha …
On installe donc, on s’installe, on se rend compte
qu’on a perdu le sac dans lequel se trouvaient des paires de ciseaux
pour couper les matelas, des sacs plastiques pour mettre le mélange de
grains, et pour couronner le tout on ne remet pas la main sur le sac de
corde de nylon pour les bâches mais aussi pour délimiter des corridors
de passage des bénéficiaires.
On envoie quelqu’un pour en
racheter au bazar plus bas, et paf, notre « film héro » de Goljung qui
débarque pas content. Ah oui, celui-là, il avait débarqué le matin
présenté par Mr Chine Goljung. Il a joué dans un film ou deux, et le
fait savoir.
Donc il est pas content car il n’a pas pu nous
aider, enfin au début, en puis il n’est pas content parce qu’on ne
pourra pas donner de bâches à tous les gens de Goljung, qui en ont déjà
reçu, ainsi que du riz, de la part de la Chine, pas Mr Chine pour le
coup, et du projet électrique de Chilime, tout proche.
Ça finit
électrique, les policiers n’interviennent pas mais sont autour, ça
discute, ça discute, lui en Tamang pour baratiner, moi en Népali pour
rassurer et me mettre tout le monde de mon coté, ce qui marche, il s’en
va en râlant, et en nous disant qu’il ne veut pas de notre aide… Quel
début …
Je vais donc voir les gens de Goljung massés un peu plus
haut, pour leur expliquer le tout du tout, que nous ne sommes ni une
ONG ni un gouvernement, mais une initiative privée, qui vise en priorité
Gatlang et Thulo Shyapru, mais qu’on va distribuer à 80 familles, de
manière égale, on a refait entre temps un petit point sur les besoins
des Gatlangelis, bien plus mal lotis que les Goljungis.
Là-dessus, la colline continue de s’effondrer de plus belle, des rochers
gros comme des voitures tombent sur la partie Nord du Bazaar où plus
personne n’ose s’aventurer.
On finira par s’habituer aux chutes régulières des rochers. Tout ça se passe à un petit kilomètre de nous.
Et c’est parti, on commence la distribution tant bien que mal, les sacs
plastics sont arrivés, mais on n’a pas de mètre pour couper les matelas
de 3 mètres. Heureusement les népalais sont pleins de ressources et au
moins deux d’entre eux nous montrent ce que fait 1 mètre sur leur corps,
debout!

Ah, on n’a pas séparé le turméric en petit sachet de
200grms, il nous faut des volontaires, qu’on trouve parmi les femmes
Gatlangelies, et on improvise une mesure et un entonnoir pour remplir
les sachets. C’est parti !
Et on a retrouvé le sac de cordes qui
nous permet de faire un chemin pour les bénéficiaires. Et il se met bien
sur à pleuvioter, pas des trombes d’eau mais il pleut. En tout cas ça
avance, on termine les … familles de Gatlang et on attaque les 80
familles de Goljung, il est 17h30…
La fin de la journée se passe bien, fatigante, mais heureux du boulot accompli.
Mais pas tout à fait accompli … On se rend compte que les 97 familles
qui ne sont pas venues aujourd’hui, vont venir le lendemain, et qu’il
faut donc dormir sur place, autour des sacs de riz et autres
victuailles, fortement convoitées en ces temps de crise.
Je
tiens à souligner la décence et le comportement exemplaire des Tamangs
de Gatlang et de Thulo Shyapru, qui vivent tous sans exception sous des
tentes de fortune, à plus de 2000 mètres d’altitude, dans un état de
terreur indescriptible et dans des conditions que si nous les vivions
nous ne serions même pas à ramasser à la petite cuiller tellement on
serait en poudre...
Ils n’ont jamais connu ça et n’y étaient pas
du tout préparés. À cela s’ajoutent des croyances et superstitions qui
n’arrangent pas toujours le tout.
Nous voilà donc à planter la
tente et passer une deuxième nuit, sous tente, beaucoup plus sympa que
la précédente, même s’il se met à pleuvoir dans la soirée.
Et du
coup, j’ai du laissé la distribution Thulo Shyapru-Brabal à mes guides
de là bas, je savais qu’ils assureraient, mais je n’ai pas pu aller les
voir pour leur parler de votre aide. Les guides l’ont fait, ils m’en ont
parlé ce soir.
Réveil devant notre paquet de paquets de riz, un
peu moins frais que la veille, ça pompe les tonnes de riz à porter mine
de rien … pas de thé, j’ai oublié d’en prendre, quelques biscuits
feront l’affaire jusqu’au dal bhat qu’on essaiera de ne pas louper cette
fois. Et comme on a donné un sac de mélange de grains au monastère qui
nourrit toute cette bonne populace Gatlangelie, ça devrait être plutôt
bon.
Allez, c’est reparti pour une deuxième journée de
distribution. Que des Gatlangelis, pas de prise de tension, mais
aujourd’hui, la chaleur est particulièrement intense et il n’y a pas
d’ombre sur ce terrain de foot, pour cause …
On termine
finalement la distribution, on remballe, on nettoie et on va manger
enfin … Sauf que c’est encore le dal jaune et pas le mélange qu’on a
donné au Gompa… Ben ça mange le Gatlangeli, et il faut être rapide …
Cet après-midi, nous avions décidé avec Rabin, de grimper à pied
jusqu’au tronçon de la route par delà le glissement de terrain, et
d’aller à Gatlang en moto, histoire de me rendre compte par moi même de
l’ampleur des dégâts.
C’était juste avant le tremblement de
terre … celui d’aujourd’hui … et dont l’épicentre semble être à Bigu,
encore proche de Sindupalchowk, le district voisin de chez nous, et qui a
été très affecté par le second tremblement de terre du 26 Avril. Et
c’est un district beaucoup plus peuplé que Rasuwa, donc il y a là bas
beaucoup plus de victimes, et beaucoup, si ce n’est la totalité, de
l’aide, est dirigé là bas. Et à Gorkha.
Donc ça a commencé à
bouger, on s’est tous dit que c’était une secousse, sauf que ça a
continué de bouger et de vibrer, déclenchant depuis le sommets des
collines environnantes des glissements de terrain et des chutes de
pierre, on a tous compris que c’était un nouveau séisme … Ça a hurlé,
les gens remontaient la colline chargés de sacs de 30 kg de riz …
Une personne a été blessée et emmenée aussitôt à l’hôpital du bazaar.
Le séisme du jour n’a bien sur pas aidé la route de Gatlang et un pan
de la colline n’a pas manqué de s’effondrer, recouvrant une partie du
Bazaar de Shyapru d’une épaisse fumée. Mais plus de peur que de mal de
ce coté là.

Et pour lui éviter d’avoir à m’attendre pendant
l’aller-retour à Gatlang qui allait durer 3 heures, je venais de quitter
Donan, mon fils de 14 ans, que j’ai réquisitionné pour un stage de vie,
et que j’avais envoyé avec un de nos guides au Bazaar, histoire qu’il
ne soit pas seul sur ce terrain de foot ensoleillé … Et plus de
communication … Après quelques minutes, qui m’ont paru une éternité, il a
réussi à me joindre pour me dire qu’il était sain et sauf, et que son
frère et sa mère l’étaient aussi à Katmandou.
Donc nous voilà
partis avec Rabin, d’abord à pied, raide la colline comme toujours,
suivant le long cortège de Tamangs colorés et odorants, portants sac de
riz, matelas au vent et sacs de vivres, puis moto jusqu’à ce que j’ai ou
nous, pour certains d’entre vous, avons connu comme village nommé
Gatlang. C’est maintenant un village fantôme, plus personne ne peut
habiter sa maison, elles ont toutes été affaissées, tordues, démontées,
détruites …
La seule bâtisse avec un semblant d’armature en
béton, l’école, est fissurée de partout et plusieurs de ses murs sont
tombés, les classes remplies de débris …
Plus de centre santé, plus d’école, plus de monastère, plus de centre communautaire, c’est tout ce que possédait le village.
La population s’est déplacée, plus ou moins loin du village, et vit
dans des abris de fortune, recouverts de bâches plus ou moins
défraichies, vêtus comme ils peuvent, avec ce qu’ils ont pu arracher des
ruines de leurs maisons, dans les champs, assez abattus et effrayés.

Je n’ai pas pu y passer plus de temps car je devais rentrer à Shyapru
Besi pour retrouver mon fils qui y était seul. Retour par la même route,
toujours en moto, redescente au Bazar pour y retrouver Donan, et dormir
dans la seule GH du Bazaar qui soit sans trace apparente du séisme ...
seau pour prendre une douche.
Nous venons de rentrer de dîner
chez Karpu, une cahute faite de tôles ondulées, de bambous et bâches
plastiques, avec Renjin, Sonam Singi et Sonam Sangbo. C’est propre et
arrangé au mieux de ce qu’ils peuvent, il y vit avec les siens, son
hôtel est à moitié détruit, et il va surement devoir le raser …
Il est 2h du matin et la colline ne cesse de s’effondrer, à tel point
que par moment s’en est effrayant, on ne voit rien, nuit noire, mais on
entend des bruits de rochers fracassant d’autres rochers ou on ne sait
quoi … J’en ai même peur pour notre sécurité.
C’est sûrement pour cela que j’écris ce récit détaillé, pour ne pas oublier, pour oublier …
Nous sommes, aujourd’hui mercredi 13 Mai, de retour à Katmandou après
une longue et fatigante journée de route, par endroit les glissements de
terrain ont laissé des passages instables et promettant de nouveaux
accidents à tout moment.
Les destructions sont partout, Rasuwa,
Nuwakot, Dhading, les trois districts que nous avons traversés sont
dévastés, et il est difficile de trouver un endroit où poser le regard
sans voir une maison éventrée ou un glissement de terrain. Les gens
dorment partout dans des abris de fortune, craignant de nouvelles
secousses.
Et il en est de même dans les districts de Lamjung, Gorkha, Sindhupalchowk, Dolakha, Ramechhap …
La première phase de la mission d’urgence pour les villages de Gatlang,
Thulo Shyapru et Brabal, va continuer en ce qui concerne l’assistance
en riz, jusqu’au mois de Juillet, selon les besoins … On peut espérer
que le gouvernement népalais va finir par faire quelque chose.
Ensuite les récoltes, de pommes de terre puis de maïs, leur permettront
de vivre en autonomie. Actuellement, les laiteries sont détruites, les
fermiers consomment donc leur lait et ont des œufs, et de la farine de
blé, en train d’être moulue. Il reste un seul moulin à eau en état de
fonctionner.
Pour la phase d’urgence alimentaire, nous allons
inclure le village de Gré, 148 maisons toutes inhabitables, 635
habitants, qui fait partie de la Communauté de Communes (VDC) de
Gatlang, et qui tout aussi touché que Gatlang, à la place de Goljung,
plus central et dont la population, qui compte en son sein des personnes
influentes et aidée par le projet hydroélectrique de Chilime, est mieux
armée pour faire face aux rudesses de la mousson et de l’hiver.
Le détail des bénéficiaires, des denrées et matériels distribués, ainsi
que le détail des dépenses vont suivre très prochainement.
Nous
commençons cette semaine à organiser le deuxième convoi d’urgence, qui
sera mieux préparé et tout aussi près des besoins des populations
Tamangs de Rasuwa que nous aimons tant.
La terre continue de
trembloter et les camps en plein air ont repris de plus belle dans la
capitale qui a vu de nouveaux bâtiments fragilisés pas les précédentes
secousses s’effondrer, et avec une nouvelle énergie de désespoir et de
terreur.
J’imagine que le Népal est de retour dans les colonnes des journaux occidentaux, on s’en serait bien passé.
À tout bientôt et encore merci de votre soutien sans faille et de votre inestimable confiance.
Nous comptons (ils ne l’espèrent pas) sur vous pour nous aider de
toutes vos capacités et connexions pour nous aider à les aider à
reconstruire leurs vies déjà bien difficiles.
Himalayennement,
ps: Les photos sont de Donan, qui a été super pendant tout le trip.